on

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on

on [ …ĒŐÉ ] pron. ind√©f.
‚ÄĘ XIIe; om 842; du nominatif lat. homo ‚Üí homme
‚ô¶ Pronom personnel ind√©fini de la 3e personne, invariable, faisant toujours fonction de sujet. REM. La tournure l'on (au Moyen √āge ¬ę les hommes ¬Ľ), s'emploie encore, dans la langue √©crite, pour √©viter un hiatus, une cacophonie : Ce que l'on con√ßoit bien; Et l'on pense. I ‚ô¶ Pron. A ‚ô¶ ON, marquant l'ind√©termination.
1 ♦ Les hommes en général, l'homme. On ne saurait penser à tout.
2 ‚ô¶ Les gens (distinct de je). On ne me fera jamais croire cela. On dit que : le bruit court. Subst. Un on-dit (‚áí on-dit) ; le qu'en-dira-t-on (‚áí qu'en-dira-t-on) . ‚ÄĒ On dirait, on dirait que... ‚ÄĒ C'est, comme on dit, une riche nature, suivant l'expression consacr√©e.
3 ‚ô¶ Un plus ou moins grand nombre de personnes. On √©tait fatigu√© de la guerre. ¬ę Ici, on est tr√®s radical et libre penseur. Quand je dis ‚Äúon est‚ÄĚ, j'entends parler de cinq ou six petits bourgeois ¬Ľ (Flaubert).
4 ‚ô¶ Une personne quelconque. ‚áí quelqu'un. ¬ę On me l'a dit : il faut que je me venge ¬Ľ (La Fontaine). On apporta le dessert : le dessert fut apport√©.
B ♦ ON, représentant une ou plusieurs personnes déterminées (emplois stylistiques).
1 ‚ô¶ Il ou elle. ¬ę Nous sommes rest√©s bons amis; on me confie ses petites pens√©es, on suit quelquefois mes conseils ¬Ľ (Diderot).
2 ‚ô¶ Tu, toi, vous. Fam. Eh bien ! on ne s'en fait pas ? Alors, on se prom√®ne ? ¬ę Alors ? On s'en va comme √ßa ? On ne dit m√™me pas merci ? ¬Ľ (Sartre). ¬ę Ce bruit d'eau qu'on entend de partout, qui vous enveloppe ¬Ľ (A. Daudet).
3 ‚ô¶ Je, moi ou nous. Oui, oui ! on y va. Il y a longtemps qu'on ne vous a pas vu. ‚ÄĒ (Dans un √©crit) On montrera dans ce livre que...
4 ‚ô¶ Fam. Nous. Quand est-ce qu'on se voit ? L'enfant ¬ę prit la main de sa m√®re. ‚ÄĒ On s'en va, viens ¬Ľ (Duras). ¬ę Nous autres artistes [...] on ne fait pas toujours ce qu'on veut ¬Ľ (Colette). ¬ę Il faut prendre des mesures imm√©diates. ‚ÄĒ Nous, on veut bien ¬Ľ (Sartre). ¬ę Ce qu'on √©tait serr√©s ! ¬Ľ (Perec).
C ‚ô¶ Emplois particuliers
1 ‚ô¶ Avec le pron. pers. soi ou un nom accompagn√© d'un poss. (son) pour compl. ON... SOI, SOI-M√äME (r√©fl.). ¬ę On a souvent besoin d'un plus petit que soi ¬Ľ (La Fontaine). On n'est jamais si bien servi que par soi-m√™me. ¬ę On ne tremble jamais que pour soi ¬Ľ (Proust).
2 ‚ô¶ Suivi d'un p. p. ou d'un attribut ‚ÄĒ (Au masc. sing.) ¬ę On n'est jamais si heureux ni si malheureux qu'on s'imagine ¬Ľ (La Rochefoucauld). ‚ÄĒ (Avec accord) ¬ę l'on n'est pas plus jolie ¬Ľ (Stendhal). ¬ę On est vieille, on est prude, on est la tante ¬Ľ (Hugo). ¬ę On est toujours servis les derniers ¬Ľ (Sartre).
3 ‚ô¶ Loc. (avec pouvoir et savoir) On ne peut plus, on ne peut mieux. J'ai tout cela on ne peut mieux pr√©sent √† l'esprit. On ne sait qui, on ne sait quoi. ¬ę la foudre va tomber on ne sait quand ni sur qui ¬Ľ (Romains ).
II ‚ô¶ N. m. Le mot on. ¬ę Quand on, Monsieur On, est tout seul √† raconter des histoires ¬Ľ (Hervieu ). Loc. fam. On est un con (pour protester contre un sujet ind√©termin√©).

‚óŹ on pronom ind√©fini ou pronom personnel (ancien fran√ßais home, homme, du latin homo) Toujours sujet, il d√©signe : Un √™tre humain non pr√©cis√© ; quelqu'un : On a frapp√© √† la porte. Des personnes dont l'identit√© n'est pas connue ou pr√©cis√©e : On vous demande au service du personnel. Des personnes √©loign√©es dans le temps ou l'espace : On vivait mieux autrefois. Une personne ind√©termin√©e dans les phrases sentencieuses, les proverbes, les phrases d'ordre g√©n√©ral : Quand on veut noyer son chien, on l'accuse de rage. En langue famili√®re, le locuteur et une ou plusieurs autres personnes : Nous, on n'y peut rien. Le locuteur et le groupe auquel il appartient : On est tous √©gaux devant la loi. En langue famili√®re, le locuteur repr√©sentant un sujet masculin ou f√©minin : On fait ce qu'on peut. En langue famili√®re, l'interlocuteur ou une 3e personne du singulier ou du pluriel avec une nuance affective de familiarit√©, d'enjouement, de m√©pris, etc., dans un discours o√Ļ on s'adresse directement √† quelqu'un : Alors, on se prom√®ne ? Comme on dit, formule dont on accompagne souvent une expression bien connue. ‚óŹ on (difficult√©s) pronom ind√©fini ou pronom personnel (ancien fran√ßais home, homme, du latin homo) Prononciation On, devant un verbe commen√ßant par une voyelle, se prononce de la m√™me fa√ßon, qu'il soit ou non suivi de la n√©gation n' : on y va, on n'y va pas ; il convient donc, √† l'√©crit, de s'assurer de la forme affirmative ou n√©gative de la phrase, en rempla√ßant on par un autre pronom (on n'entend rien, il n'entend rien). Orthographe Dans une phrase interrogative, on se lie par un trait d'union au verbe dont il est le sujet : peut-on entrer ? ; va-t-on rester ? Emploi 1. On, sens ind√©fini (= quelqu'un, tout le monde, quiconque) : on a vol√© trois tableaux au mus√©e municipal ; on croit √† tort que c'est facile ; ce n'est pas ce que je voulais dire, on l'aura compris. Emploi usuel et correct. Dans cet emploi, on est repris par se, soi dans une m√™me proposition :comme on se retrouve ! ; on ram√®ne tout √† soi. ¬ę On a souvent besoin d'un plus petit que soi ¬Ľ(La Fontaine). - Il peut √©galement √™tre repris par nous ou par vous dans une proposition diff√©rente : ¬ę Qu'on hait un ennemi quand il est pr√®s de nous ¬Ľ(Racine). ¬ę Quand on se plaint de tout, il ne vous arrive rien de bon ¬Ľ(J. Chardonne). Le possessif correspondant est son, sa, ses : on arrive, on accroche son manteau ou sa veste et on salue ses coll√®gues. 2. On employ√© pour nous :on est all√©s au cin√©ma avec des amis ; nous, on n'est pas d'accord. Emploi tr√®s courant dans l'expression orale non surveill√©e. Recommandation Dans l'expression soign√©e, en particulier √† l'√©crit, pr√©f√©rer nous : nous sommes all√©s au cin√©ma avec des amis ; nous, nous ne sommes pas d'accord. Dans l'emploi familier, le possessif correspondant est notre, nos : on s'est occup√© de notre jardin et de nos fleurs. 3. On employ√© pour tu ou pour vous :¬ę Eh bien ! petite, est-on toujours f√Ęch√©e ? ¬Ľ(G. de Maupassant). Emploi courant dans l'expression orale et impliquant un certain degr√© de familiarit√© entre la personne qui parle et celle √† qui elle s'adresse. Peut √©galement marquer la condescendance ou le m√©pris : alors, on a voulu faire le malin ? Remarque Nous conna√ģt un emploi comparable. ‚Üí nous Le possessif correspondant est son, sa, ses : alors, on est tout seul, on fait son repassage, sa popote, ses petites courses ? 4. On employ√© pour je :on a tent√© dans le pr√©sent ouvrage de brosser un tableau d'ensemble de l'√©conomie contemporaine. C'est le on de modestie, utilis√© surtout dans l'expression soign√©e, en particulier √† l'√©crit. Remarque Nous conna√ģt un emploi comparable. ‚Üí nous Le on de modestie est parfois utilis√© par plaisanterie dans l'expression orale courante : ¬ę Tu sais qui a dit √ßa ? - Qu'est-ce que tu crois, on a des lettres ! ¬Ľ - Le possessif correspondant est son, sa, ses : ¬ę Il para√ģt que tu les as beaucoup impressionn√©s. - Eh oui, on fait toujours son petit effet ! ¬Ľ 5. On / l'on. Dans l'expression soign√©e, l'on remplace on pour des raisons d'euphonie apr√®s et, ou, o√Ļ, que, √† qui, √† quoi, si : savoir o√Ļ l'on va; si l'on consid√®re ce √† quoi l'on doit s'attendre. Mais l'on doit √™tre remplac√© par on dans le cas d'allit√©rations peu √©l√©gantes : si on le lui disait (et non : si l'on le lui disait). L'on est utilis√© √† discr√©tion par certains auteurs (hormis les cas mentionn√©s √† l'alin√©a ci-dessus) sans que cet emploi constitue une faute. Apr√®s que , et devant un verbe commen√ßant par con-, com-, il est pr√©f√©rable d'utiliser l'on : il faut que l'on comprenne (mieux que : il faut qu'on comprenne). L'on en t√™te de phrase est une tournure vieillie : l'on ne saurait mieux dire. 6. R√©p√©tition de on. On doit √™tre r√©p√©t√© devant chacun des verbes dont il est le sujet : on mange, on boit et l'on s'amuse. En revanche, cette r√©p√©tition est fautive si on correspond √† des sujets distincts ; on dira donc : nous avons pris ce qu'on nous a donn√©, et non : on a pris ce qu'on nous a donn√©. Accord L'adjectif ou le participe pass√© attribut de on prend le genre et le nombre du sujet que ce pronom repr√©sente. Quand on est employ√© comme ind√©fini (= quelqu'un, tout le monde, quiconque), l'accord se fait au masculin singulier : √† quinze ans, on est encore na√Įf. Quand on remplace je, tu ou vous, il ou elle, ils ou elles nous, l'accord se fait en genre et en nombre avec le sujet repr√©sent√© par on : on est arriv√©s ce matin ; on n'est pas s√õre de soi ? ; alors, on est contentes ? ‚óŹ on (homonymes) pronom ind√©fini ou pronom personnel (ancien fran√ßais home, homme, du latin homo) ont forme conjugu√©e du verbe avoir dom nom masculin don nom masculin donc conjonction dont pronom relatif

on
Pron. pers. indéf. Pron. de la 3e pers., inv., ayant toujours fonction de sujet.
rI./r Désignant une ou plus. pers. non déterminées.
d1./d L'homme, les hommes en général. Autrefois, on vivait mieux.
‚ÄĒ (Emploi fr√©quent dans les proverbes, les sentences.) Quand on veut, on peut. On n'aime qu'une fois.
d2./d Un certain nombre (plus ou moins grand) de personnes. Ici, on est plut√īt de gauche.
d3./d Les gens, l'opinion. On dit, on raconte que (cf. on-dit, qu'en-dira-t-on).
|| Loc. On dirait (introduisant une comparaison). Il gesticule et parle tout seul, on dirait un fou.
‚ÄĒ On dirait que: il semble que. On dirait qu'il arrive.
d4./d Une personne quelconque (connue ou non), qqn. On frappe. On vous demande au secrétariat.
‚ÄĒ (Emploi correspondant √† un passif sans compl. d'agent.) On sert le d√ģner. On a interdit ce passage.
|| Loc. On ne peut plus (exprimant un superlatif). Il est on ne peut plus bête.
‚ÄĒ On ne sait jamais (indiquant une √©ventualit√© peu probable). Il peut encore venir, on ne sait jamais.
rII./r Désignant une ou plus. pers. déterminées.
d1./d (Représentant une 1re pers. Sing. ou Plur.) Fam. Je, moi. Oui, on arrive.
‚ÄĒ Litt. On a voulu montrer dans ce chapitre...
|| Fam. Nous. Nous, on va au cinéma.
d2./d Fam. (Représentant une 2e pers. Sing. ou Plur.) Tu, toi, vous. Alors? on ne dit pas bonjour?
d3./d (Représentant une 3e pers. Sing. ou Plur.) Il(s), elle(s). Nous sommes encore très liés: on me raconte ses secrets.
‚ÄĒ Rem. On est en principe masc. Sing., toutefois le part. pass√© ou l'adj. qui le suit s'accorde en genre et en nombre avec la ou les pers. repr√©sent√©es par on. Quand on est belle et coquette. On est tous fr√®res.
‚ÄĒ Pour √©viter un hiatus, on emploie souvent l'on au lieu de on. Si l'on r√©fl√©chit.

⇒ON, pron. pers. indéf.
Pronom personnel de troisième personne, exprimant l'idée d'animé humain et fonctionnant toujours comme sujet.
I. ‚ÄĒ[Dans un cont. de g√©n√©ralit√©, souvent combin√© avec un pr√©s. gnomique r√©v√©l√© lui-m√™me par une conj. de temps, d√©signe un suj. anim√© ind√©f.]
A. ‚ÄĒ[Dans l'√©nonc√© de v√©rit√©s d'exp√©rience, consid√©r√©es comme universelles, c'est-√†-dire vraies pour n'importe qui] On a souvent besoin d'un plus petit que soi. On peut √©claircir l'histoire, on ne la renouvelle pas (BAINVILLE, Hist. Fr., t.1, 1924, p.6). On n'√©puise pas le malheur, mon amour, on l'oublie. Vous ne voulez pas l'oublier (BERNANOS, Dialog. ombres, 1928, p.47). Quand on vit seul, on ne sait m√™me plus ce que c'est que raconter: le vraisemblable dispara√ģt en m√™me temps que les amis (SARTRE, Naus√©e, 1938, p.21).
B. ‚ÄĒ[Dans des √©nonc√©s que l'on veut de port√©e g√©n√©rale, bien qu'ils ne s'appliquent qu'√† des objets particuliers ou dans des circonstances d√©termin√©es]
1. [L'énoncé n'est vrai que pour un seul objet]
a) [Correspondant grammaticalement à un objet premier] On le revoit toujours avec plaisir. Si l'on m'insulte, je mets mon homme à bas, personne ne tire aussi bien le pistolet et l'épée que votre serviteur. On le sait! (BALZAC, Gobseck, 1830, p.419).
b) [Correspondant grammaticalement √† un objet second] On lui reconna√ģt volontiers de grandes qualit√©s. Sans compter que tous ces salauds-l√†, on leur donne un doigt et ils vous bouffent la t√™te (CAMUS, R√©volte Asturies, 1936, I, 2, p.405):
‚ÄĘ 1. Pitth√©e, √Čg√©e, √©taient beaucoup plus intelligents que moi; comme l'est √©galement Piritho√ľs. Mais l'on me reconna√ģt du bon sens; le reste vient ensuite, avec la volont√©, qui ne m'a jamais quitt√©, de bien faire.
GIDE, Thésée, 1946, p.1418.
2. [L'énoncé n'est vrai que]
a) [pour un groupe limité, p. ex. seulement des hommes ou seulement des femmes] Il y a de l'humilité dans la plupart des femmes; bien peu imaginent qu'on les puisse aimer jusque-là (MAURIAC, Journal 1, 1934, p.10).
b) [dans un lieu d√©termin√©] On a beau partir plus tard de Manosque les jours o√Ļ les pratiques font passer l'heure, quand on arrive √† Vach√®res, c'est toujours midi (GIONO, Regain, 1930, p.9):
‚ÄĘ 2. L'on respire un instant dans ces belles clairi√®res couvertes; mais sit√īt qu'on en sort, on est tout emp√™tr√© dans l'enchev√™trement confus des ramures; on se courbe, on se glisse √† genoux, on rampe; au bout d'un quart d'heure de reptation on a compl√®tement perdu le sens de la direction...
GIDE, Retour Tchad, 1928, p.870.
c) [dans certaines circonstances] √Ä mon √Ęge, on ne croit plus gu√®re aux capricieuses ni aux folles, et l'√©tourderie, voyez-vous, est trop souvent la com√©die qu'on se joue √† soi-m√™me, lorsqu'on doute des forces de son coeur (BERNANOS, Dialog. ombres, 1928p.41).
d) [√† un moment d√©termin√© ou pour une certaine dur√©e] Comment! Tu t'es ras√©? On se rase maintenant pour aller √† la guerre? Tu comptes para√ģtre plus redoutable, avec ta peau ponc√©e? (GIRAUDOUX, Amphitr. 38, 1929, I, 3, p.32).
C. ‚ÄĒ[On se rencontre √©galement dans les allusions √† une v√©rit√© d'exp√©rience]
1. [Dans une prop. interr. ou compar.] Françoise qu'il aimait, du reste, malgré cela, comme on peut aimer la personne qu'on est content de faire rager tous les jours en la battant aux dominos (PROUST, Temps retr., 1922, p.843).
2. [Dans une prop. rel.; l'énoncé qui comporte le morphème on peut servir par sa généralité à définir une notion que l'antécédent seul ne fournirait pas] Comment montrer de la défiance vis-à-vis d'un charmant garçon dont on est devenu l'ami? (ZOLA, Argent, 1891, p.93). Et si on leur annonçait un résultat, ils faisaient mine de s'y intéresser, mais ils l'accueillaient en fait avec cette indifférence distraite qu'on imagine aux combattants des grandes guerres, épuisés de travaux (CAMUS, Peste, 1947, p.1372).
D. ‚ÄĒ[Parfois la g√©n√©ralisation √©voqu√©e par l'√©nonc√© s'op√®re √† partir de cas particuliers] Nous finirons par avoir la guerre. On finit toujours par avoir la guerre (DUHAMEL, Ma√ģtres, 1937, p.12). Je ne comprends pas que l'on puisse aimer le merlan (DUHAMEL, Ma√ģtres, 1937p.19):
‚ÄĘ 3. L'on n'a pas id√©e de se refuser une promenade, une f√™te, une rencontre avec un ami, une soir√©e avec une femme, c'est-√†-dire d'appauvrir sa journ√©e, sous pr√©texte qu'on doit absolument se raconter √† soi-m√™me sa journ√©e. (M√™me simplement se priver d'aller se coucher quand on a bien sommeil, pour la raison qu'on n'est pas en r√®gle avec son pensum quotidien).
ROMAINS, Hommes bonne vol., 1939, p.5.
1. [La situation particuli√®re peut transpara√ģtre si nettement que l'on reconna√ģt derri√®re on]
‚ÄĒ un ¬ęje¬Ľ. Et puis, elle souffrait beaucoup par ses relations avec ses fils; et elle disait: on les a soign√©s, entour√©s, quand ils √©taient tout petits, et puis plus tard ils ne peuvent pas √©crire √† leur m√®re, parce que cela ne serait pas convenable pour le p√®re (BARR√ąS, Cahiers, t.3, 1902, p.10).
‚ÄĒ un ¬ęnous¬Ľ. C'est dommage, qu'on ne puisse pas avoir le gaz ici: nous sommes trop loin de Saint-Pierre (DANIEL-ROPS, Mort, 1934, p.23).
‚ÄĒ un ¬ętu¬Ľ ou un ¬ęvous¬Ľ. C'est dr√īle que tu ne peux pas trouver √ßa toute seule! On fait un petit effort (LAVEDAN, Beaux dimanches, 1898, p.9 ds SANDF. t.1 1965, ¬ß222). Violaine: Tout beau, ma√ģtre Pierre! Est-ce ainsi qu'on d√©campe de la maison comme un voleur sans saluer honn√™tement les dames? (CLAUDEL, Annonce, 1912, p.12).
‚ÄĒ une 3e pers. d√©termin√©e. Voici sept ou huit fois que je vous envoie chez mon avou√©, depuis quinze jours, et il n'est pas venu? Croyez-vous que l'on puisse se jouer de moi? (BALZAC, Gobseck, 1830, p.431).
2. [On empl. dans des jugements particuliers, mais pr√©sent√©s comme si l'individualit√© du sujet √©tait sans importance, le locuteur confondant son exp√©rience avec celle de n'importe qui. Le verbe est alors fr√©q. au cond., et on peut alterner avec je] On dirait que... √Ä moins de perdre la foi ‚ÄĒet que lui reste-t-il alors, puisqu'il ne peut la perdre sans se renier? ‚ÄĒun pr√™tre ne saurait avoir de ses propres int√©r√™ts la claire vision, si directe ‚ÄĒon voudrait dire si ing√©nue, si na√Įve ‚ÄĒdes enfants du si√®cle (BERNANOS, Journal cur√© camp., 1936, p.1034). Si vous lisiez les lettres qu'il m'envoie! On croirait qu'il parle √† un domestique (CAMUS, Poss√©d√©s, 1959, 1re part., 1er tabl., p.932).
E. ‚ÄĒ[On empl. dans les descriptions auxquelles le pr√©s. ou l'imp. conf√®re une certaine g√©n√©ralit√©] Compl√®tement d√©nud√©s par la derni√®re temp√™te, tous les arbres qu'on voyait de la fen√™tre se projetaient contre ces nuages dans l'immobile minutie d'une photographie (MAL√ąGUE, Augustin, t.2, 1933, p.382). On rencontre aujourd'hui, en Espagne, jusque dans ses sentiers, des paysans qui s'acheminent vers leur lopin de terre, mont√©s sur leur m√©canique √† deux roues (T'SERSTEVENS, Itin√©r. esp., 1963, p.9).
F. ‚ÄĒ[On appartient √† certaines loc. plus ou moins fig√©es] On ne peut mieux; on ne sait o√Ļ, on ne sait d'o√Ļ; on ne sait pourquoi; sait-on jamais? comme on dit. Un jour, par hasard, il [Gobseck] portait de l'or; un double napol√©on se fit jour, on ne sait comment, √† travers son gousset (BALZAC, Gobseck, 1830, p.385). D'un geste large, le bras tendu, avec une sorte d'air noble qui √©voquait un acteur de province, il offrit √† M√©lanie le journal d√©pli√© et froiss√©, tach√© par ses doigts toujours poisseux d'on ne sait quoi, et toujours sales (MONTHERL., C√©libataires, 1934, p.739). Les fromages les plus frais ne sont pas n√©cessairement les plus na√Įfs. Il y en a qui sont, d√®s l'√©gouttoir, d√®s le lait, si l'on peut dire, touch√©s, hant√©s par une effervescence d√©moniaque (DUHAMEL, C√©cile, 1938, p.19).
♦[Loc. fonctionnant comme un adv. modifiant un adj.] On ne peut plus. Tout à fait, extrêmement. Il (...) se déclare on ne peut plus sensible au charme de certains amis catholiques, mais il sait leur résister quand cela devient nécessaire (GREEN, Journal, 1929, p.13). Vous voyez, Mesdames et Messieurs, que tout ceci est on ne peut plus moderne! (MONTHERL., Pasiphaé, av.-pr., 1938, p.106).
II. ‚ÄĒ[En dehors de tout cont. de g√©n√©ralit√©, indique que le suj. est un anim√© humain; signifie que la v√©rit√© de la prop. est ind√©pendante des particularit√©s que, dans la r√©alit√©, les √™tres d√©sign√©s peuvent pr√©senter]
A. ‚ÄĒ[On est suj. gramm. et ne correspond √† aucun √™tre pr√©cis] On frappe; on pose un triangle ABC.
1. [On + verbe peut commuter]
a) [peut commuter avec un subst. d'action] On est prié de ne pas fumer = prière de ne pas fumer.
b) [peut commuter avec une tournure passive] On le traite d'inf√Ęme = il est trait√© d'inf√Ęme.
Rem. L'emploi de on permet de marquer explicitement, √† la diff√©rence des constr. passives, que l'information du pr√©dicat reste identique √† elle-m√™me, quel que soit l'agent; l'action verbale se rapprochant d'une ¬ęaction pure¬Ľ ind√©pendante des particularit√©s du sujet.
‚ÄĒ [On est seul possible et la tournure ne peut commuter avec le passif]
‚ô¶Avec un verbe en empl. abs. Il prit la place du pompier tomb√© dans le brasier. Du sommet de l'√©chelle, il se retourna; on ne tirait pas; il ne voyait aucun lieu d'o√Ļ l'on p√Ľt tirer (MALRAUX, Espoir, 1937, p.768):
‚ÄĘ 4. En derni√®re analyse, la noblesse est un luxe qu'une soci√©t√© ne peut se payer que tard. ‚ÄĒMais le plus t√īt est le mieux, dit Mercery, d√©finitif. ‚ÄĒDemain, on rasera pour rien, reprit le N√©gus. Pas d'histoires. Les partis sont faits pour les hommes, pas les hommes pour les partis.
MALRAUX, Espoir, 1937p.604.
♦Avec une nuance iron. Un grand rassemblement se tenait devant l'église. On mariait là dedans (MAUPASS., Sur l'eau, 1888, p.308).
‚ô¶Avec un verbe intrans. ou trans. indir. Des coups de cloche la r√©veill√®rent [la m√®re Simon]; on sortait des v√™pres (FLAUB., Coeur simple, 1877, p.45). Le jeune architecte me pria un soir √† d√ģner. On √©tait en mai. La temp√©rature √©tait d√©licieuse (BILLY, Intro√Įbo, 1939, p.8):
‚ÄĘ 5. La cit√© Monthiers se trouve prise entre la rue d'Amsterdam et la rue de Clichy. On y p√©n√®tre, rue de Clichy, par une grille, et rue d'Amsterdam par une porte coch√®re toujours ouverte et une vo√Ľte d'immeubles dont la cour forme cette cit√©, une v√©ritable cour oblongue, o√Ļ de petits h√ītels particuliers se dissimulent au bas des hautes murailles plates du p√Ęt√© de maisons.
COCTEAU, Enfants, 1929, p.7.
♦Avec un verbe pronom. On s'est souvent demandé ce qui serait arrivé si le duc de Bourgogne, l'élève de Fénelon, avait succédé à Louis XIV (BAINVILLE, Hist. Fr., t.2, 1924, p.5).
2. [On qui n'exprime que la notion d'agent animé, se rencontre souvent]
‚ÄĒ [avec les verbes de perception] De cet √©tage, on voit le tombeau de son p√®re (GIRAUDOUX, √Člectre, 1937, I, 1, p.16).
♦Loc. exclam. On aura tout vu! Panisse: Nous sommes du jury. Nous attendons le président, M. Gadagne, qui va venir nous chercher. César, avec pitié: Du jury!! On aura tout vu! (PAGNOL, Fanny, 1932, I, 1er tabl., 1, p.9).
‚ÄĒ [avec les verbes de jugement] Une maladie lente, mal d√©termin√©e, et qu'on pensa lui avoir √©t√© transmise par sa femme (MARTIN DU G., Thib., P√©nitenc., 1922, p.751).
‚ÄĒ [dans certains cont.]
‚ô¶[les indications sc√©niques] Avant que le rideau se l√®ve, on entend une sorte d'appel d√©chirant. Une voix d'homme, aigu√ę, qui crie: ¬ęJudith! Judith!¬Ľ (GIRAUDOUX, Judith, 1931, I, 1, p.11). On entend, au dehors, des milliers de coups de marteaux sur des coques de navires, les vieux navires en d√©molition. On entend ferrailler la cha√ģne des grues. On entend des coups de sifflets lointains (PAGNOL, Marius, 1931, I, 1, p.10).
‚ô¶[les recettes de cuisine]:
‚ÄĘ 6. La sauce peut √™tre servie froide: on additionne alors le court-bouillon de g√©latine, afin d'obtenir une gel√©e limpide dans laquelle on introduit la julienne pr√©alablement cuite √† l'eau bouillante. On ajoute c√Ępres, piments et cornichons avant de napper le poisson, refroidi dans son court-bouillon.
Ac. Gastr. 1962, p.414.
♦[Pour les pratiques codifiées, notamment les règles de jeux] On peut toutefois toucher une pièce sans être obligé de la jouer (par exemple pour la remettre sur l'échiquier si elle est tombée) (Jeux et sports, 1967, p.893).
‚ô¶[les d√©finitions, les appellations] J'appelle armes ses deux paires de ¬ęverres¬Ľ, un couteau de poche, souvent une brosse √† habits, un s√©cateur, de vieux gants, parfois le sceptre d'osier, √©panoui en raquette trilob√©e, qu'on nomme ¬ętapette¬Ľ et qui sert √† fouetter les rideaux et les meubles (COLETTE, Sido, 1929, p.17). Ce que je peux dire seulement c'est que, ni dans l'un ni dans l'autre cas, il n'y a rien eu de ce qu'on appelle √† l'ordinaire un √©v√©nement (SARTRE, Naus√©e, 1938, p.13).
‚ô¶[les √©nonc√©s de probl√®mes] On consid√®re le triangle dont les supports des c√īt√©s ont pour √©quations respectives: x = 2, y = 1, x + y = 1 (LESPINARD, PERNET, GAUZIT, Math., Classe de sc. exp., Lyon, A. Desvigne, 1952, p.116).
B. ‚ÄĒ[On correspond √† un suj. ind√©termin√©]
1. [Une pers. indéterminée dont le locuteur ignore l'identité ou qu'il juge superflu de nommer] Gabrielle: Sois tranquille! On ne le fera pas entrer dans mon boudoir (BERNSTEIN, Secret, 1913, I, 5, p.7). Regarde, dit-elle, fainéant! Pendant que tu étais occupé à dormir, on nous a volé notre maison (MICHAUX, Plume, 1930, p.137):
‚ÄĘ 7. Copeau me demande de l'accompagner chez les Bibesco; on doit le pr√©senter √† Chaumeix. Je surmonte l'appr√©hension de cette affreuse corv√©e qu'est pour moi un d√ģner dans le monde et ressors de l'armoire l'habit de mon mariage qui n'a pas servi douze fois.
GIDE, Journal, 1910, p.290.
Rem. Oppos. on/quelqu'un. Quelqu'un est le signe de l'ind√©termination du suj., on le signe de son ind√©finition: ¬ęquelqu'un vous attend¬Ľ signifie que j'ignore son identit√© ou que je ne veux pas la r√©v√©ler. ¬ęOn vous attend¬Ľ signifie que l'identit√© du sujet, ses particularit√©s, n'ont aucune incidence sur l'action verbale. Peut-√™tre s'agit-il de plusieurs personnes. Tout l'accent est mis sur le proc√®s.
‚ÄĒ [On d√©signe souvent le lecteur] Mais dira-t-on; on objectera que... Qu'on me permette, pour faire saisir toute la rigueur de cette alternative, de d√©velopper ici une sorte de th√©or√®me fondamental (VAL√ČRY, Vari√©t√© [I], 1924, p.25). Je touche ici √† un point particuli√®rement d√©licat, mais que je crois d'une telle importance que l'on m'excusera si j'y insiste quelque peu (GIDE, Robert, 1930, p.1324).
2. [Un groupe plus ou moins ind√©termin√©; on d√©signe alors une ¬ępluralit√© ind√©termin√©e¬Ľ]
‚ÄĒ [Le groupe peut √™tre pr√©cis√© par le cont.] Mariette, l'ombrelle et l'√©charpe; on s'impatiente peut-√™tre √† la maison. Vous savez que Monsieur revient de bonne heure (BAUDEL., Fanfarlo, 1847, p.533). Pardon, Monsieur, voil√† deux heures qu'on appelle de Zurich. Ils demandent une r√©ponse (CAMUS, Cas int√©ress., 1955, 1er tabl., p.611).
‚ÄĒ [Le groupe peut √™tre vaguement sugg√©r√© ‚ÄĒou du moins l'on sait que le locuteur pense √† des pers. pr√©cises] C'√©tait une douce et gentille et fid√®le amie. Demain on l'enterre rue des Saules (C√ČLINE, Mort √† cr√©dit, 1936, p.11). Elle se redressa avec courage, et, pr√©c√©d√©e de la concierge qui s'√©tait empar√©e des valises, elle se dirigea vers l'ascenseur. ‚ÄĒ¬ęOn a donc tout chang√©?¬Ľ murmura-t-elle (MARTIN DU G., Thib., √Čt√© 14, 1936, p.640).
‚ÄĒ [Dans des constr. avec dire, raconter, on d√©signe l'opinion] Cette tour d'ivoire o√Ļ l'on dit qu'il se retirait, qu'√©tait-ce, sinon son talent m√™me, son esprit haut et solitaire? (A. FRANCE, Vie litt√©r., 1890, p.256). La vie est devenue bien difficile, dit-on, dans les provinces du centre (MALRAUX, Cond. hum., 1933, p.304):
‚ÄĘ 8. Les bruits les plus f√Ęcheux courent sur le compte de Zelten. Il est le grand homme des caf√©s, des coulisses, des piscines. On raconte qu'il a achet√© la police et qu'hier soir m√™me, tous les agents √©taient convoqu√©s chez lui.
GIRAUDOUX, Siegfried, 1928, I, 1, p.13.
Rem. 1. Les emplois sont √† rapprocher des formes subst. on-dit, qu'en dira-t-on. 2. √Ä la limite, on peut d√©signer aussi ¬ętous les hommes¬Ľ ou ¬ęles hommes d'une certaine √©poque¬Ľ. Dans ce cas, nous peut servir de r√©gime √† on. On r√©clame d'abord le bonheur √† la vie. Elle nous le doit (CHARDONNE, √Čpithal., 1921, p.242). 3. Dans une phrase n√©g., on se rapproche du pron. ind√©f. personne; on marque l'indiff√©rence quant √† la nature particuli√®re du suj., la n√©g. portant uniquement sur le verbe. Depuis bien des ann√©es d√©j√†. Le fils est parti et l'on ne sait plus o√Ļ il est (CLAUDEL, Sagesse, 1939, 1re part., p.1107).
III. ‚ÄĒ[On peut se substituer √† n'importe quel pron. pers. de l'anim√©, m√™me si, dans la pens√©e, la personne est parfaitement d√©termin√©e]
A. ‚ÄĒ[On mis pour je]
1. [Je s'efface par discr√©tion, par pudeur, derri√®re l'ind√©finition de on, en partic., dans le on dit ¬ęde modestie¬Ľ] ‚ÄĒ Oui, c'est... ‚ÄĒil se servit du mot scientifique ‚ÄĒet avec cela, on a le cancer... j'ai le cancer. Oui, je l'ai... et maintenant gardez cela pour vous (GONCOURT, Journal, 1883, p.220). Amalric: Alors ne la faites pas. Croyez-moi! Je vous aime bien, Mesa. Oh! comme on l'aime, son petit Mesa! (CLAUDEL, Partage de midi, 1949, I, p.1067).
‚ÄĒ [D√©signant l'aut. dans les pr√©f., les av.-pr.] Le travail dont on expose les r√©sultats dans cet ouvrage a √©t√© compris par nous comme l'exp√©rience d'une m√©thode grammaticale (R. L. WAGNER, Les Phrases hyp., Paris, Droz, 1959, p.11):
‚ÄĘ 9. √Ä d√©faut de ce dialogue-l√†, qui serait s√Ľrement le plus beau √† entendre (le monde √©tant le r√©sultat d'un dialogue √©ternel entre le p√®re et le fils), on a essay√© d'√©chantillonner ici quelques jeux, que chaque lecteur pourra continuer, dans ses nuits sans sommeil, au gr√© de son caprice.
RENAN, Drames philos., 1888, préf., p.374.
Rem. Une idée de généralité peut s'attacher à l'énoncé, bien que on désigne manifestement la 1re pers. Je suis bien content de vous trouver; on ne vous dérange pas? [en vous rendant visite en ce moment, vous dérange-t-on?] (FREI 1929, p.147).
2. [La g√©n√©ralit√© de on r√©v√®le le sentiment qu'a le je de son importance: on dit ¬ęde vanit√©¬Ľ] Et puis, on est bourgeois de Gand (HUGO, Hernani, 1830, I, 3, p.25). Ma belle mine fit le reste, car il faut bien dire qu'on sait se pr√©senter (A. DAUDET, Nabab, 1877, p.187).
3. Dans la lang. pop. On y va = j'y vais. Louis, √† Cl√©mence: Comment! vous n'√™tes pas encore partie? Cl√©mence: Allons, on s'en va (M√ČRIM√ČE, Deux h√©rit., 1853, p.38). Virginie, voyant son succ√®s, s'approcha de deux pas (...) criant plus fort: (...) qu'elle dise seulement ce que je lui ai fait... Dis, rouchie, qu'est-ce qu'on t'a fait? (ZOLA, Assommoir, 1877, p.395).
B. ‚ÄĒ[On mis pour tu ou vous]
1. [Employ√© par discr√©tion, on esquive la difficult√© du tutoiement ou du vouvoiement] On a √©t√© sage? Qu'est-ce qu'on dit √† la dame? (S'adressant √† des enfants). Elle caressait le cheval √† l'encolure, √† l'√©paule avec la familiarit√© d'une affection de vieille date: ¬ęMon bon Bauria, disait-elle. Mais oui, mais oui, on est beau. On a des yeux de biche. Seulement, on aime la libert√©, on court les bois¬Ľ (M. BEDEL, Molinoff, 1928, VII, p.67 ds DAM.-PICH. t.6, ¬ß2344). L'Aubergiste: Entrez! et en attendant on prendrait p't'√™tre bien un petit coup de qu√©q'chose pour se rafra√ģchir? Premier Porteur: C'est pas de refus (CLAUDEL, Raviss. Scapin, 1952, p.1315).
2. [Avec une nuance de d√©dain, de sup√©riorit√© ou du moins de familiarit√©] Alors? On donne des coups de pied en vache comme une femme? (SARTRE, Mort ds √Ęme, 1949, p.119):
‚ÄĘ 10. Les amiti√©s sont absolument interdites entre √©l√®ves de divisions diff√©rentes.
SOUBRIER: N'emp√™che... Il y en a bien d'autres, et eux on ne leur dit rien. L'ABB√Č: Je n'ai pas √† vous dire pour quelles raisons il nous arrive de fermer les yeux, pendant plus ou moins de temps, sur telle ou telle de ces amiti√©s.
MONTHERL., Ville dont prince, 1951, I, 1, p.853.
‚ÄĒ En partic. [Avec le subj., dans les ordres, les d√©fenses] Et qu'on ne passe pas son temps √† avoir l'air de prendre les anars pour une bande de cingl√©s! disait le N√©gus (MALRAUX, Espoir, 1937, p.605). Je suis pr√™t √† l'aimer de toutes mes forces, mais qu'il se fasse vite, ce mariage, et qu'on en arr√™te la date sans perdre une minute, car je suis √† bout de patience et de r√©sistance (AYM√Č, Cl√©ramb., 1950, I, 4, p.33).
C. ‚ÄĒ[On mis pour une 3e pers. d√©termin√©e]
1. [Par pudeur ou par réserve, par discrétion réelle ou feinte]
‚ÄĒ Au sing. Et puis, tu me diras si l'on a eu du chagrin en apprenant mon d√©part... Si l'on a pleur√©!... ‚ÄĒQui √ßa, mon commandant? ‚ÄĒEh parbleu! elle! Anita (LABICHE, Voyage de M. Perrichon, 1860, I, p.7 ds LE BIDOIS, ¬ß 384):
‚ÄĘ 11. ‚ÄĒMadame, dit le valet de chambre... que dois-je faire¬†? ‚ÄĒVous feindrez d'aller chez l'avou√©, et vous reviendrez dire √† monsieur que son homme d'affaires est all√© √† quarante lieues d'ici pour un proc√®s important. Vous ajouterez qu'on l'attend √† la fin de la semaine prochaine. [¬ęque l'homme d'affaires l'attend...¬Ľ Madame imagine ce que dira le valet qui ne nommera pas l'homme d'affaires par discr√©tion].
BALZAC, Gobseck, 1830, p.431.
‚ÄĒ Au plur. √á'avait √©t√© dans une maison discr√®te du quartier des Champs-√Člys√©es, un apr√®s-midi. On s'√©tait dit tout ce qu'on avait √† se dire, et ce jour n'avait point eu de lendemain (A. FRANCE, Bergeret, 1901, p.140).
‚ô¶Dans la lang. pop. Voil√† qu'apr√®s d√ģner, tous ces messieurs on √©tait l√† √† fumer en rond autour de moi (FREI 1929, p.147).
2. [Avec une nuance iron., voire de dédain] [Le médecin] porte des ongles sales... Tandis qu'il trottine à ses malades, elle [sa femme] reste à ravauder des chaussettes. Et on s'ennuie! (FLAUB., Mme Bovary, t.1, 1857, p.149).
Rem. Il arrive, comme en fr. class., que plusieurs on renvoient √† des pers. diff√©rentes. On verra qu'on n'a pas toujours r√©sist√© √† cette double tentation... [Le premier on d√©signe le lecteur, le second l'auteur] (Langages. Paris, 1967, n¬į 7, p.3).
IV. ‚ÄĒ[Dans la lang. parl√©e, on remplace souvent, sans effet styl. particulier, la 1re pers. du plur.] Qu'est-ce qu'on fait cet apr√®s-midi? = Que faisons-nous cet apr√®s-midi? Nous part√ģmes pour la gendarmerie de Sceaux, o√Ļ il devait me mettre aux mains des gendarmes. Mais en route, on causa (VALL√ąS, R√©fract., 1865, p.61):
‚ÄĘ 12. En passant √† la grand'garde I, il cria: ‚ÄĒH√©! Raoul! Vous √™tes l√†? Ouste! On vous emm√®ne. Le lieutenant Raoul sortit de son trou, en achevant de boucler la sacoche de son browning. Les trois hommes continu√®rent vers les Rappes en bavardant.
ROMAINS, Hommes bonne vol., 1938, p.7.
Rem. J. POHL (Six esquisses ds Fr. mod. t.35 1967, n1, pp.10-12) fait observer que on inclut g√©n√©ralement l'interlocuteur, alors que nous tend √† l'exclure. On dit de pr√©f√©rence (deux couples se fixent, par t√©l√©phone, un rendez-vous en vue d'une excursion): ¬ęNous vous pr√©viendrons si nous passons par chez vous; √©ventuellement on pourrait se rencontrer devant votre maison¬Ľ et non: ¬ęon vous pr√©viendra si on passe par chez vous; √©ventuellement nous pourrions...¬Ľ.
Rem. g√©n. 1. Accord en genre et en nombre. Les adj. et les part. qui se rapportent √† on s'accordent au masc. sing. Toutefois, ,,le pronom on, qui grammaticalement est du genre masculin, n'en souffre pas moins un adjectif pr√©dicatif au f√©minin, lorsque la personne d√©termin√©e √† laquelle il se rapporte, est du sexe f√©minin. Cet accord sylleptique peut se faire √©galement, quand on, tout en se rapportant uniquement √† des femmes, a le sens d'un pronom ind√©fini`` (WEERENBECK, Le Pron. on, en fr. et en prov., 1943, p.9). ‚ÄĒMonsieur, quand on n'a pas le temps de r√™ver √©veill√©e, on n'a pas davantage le temps de r√™ver endormie, Dieu merci! (A. FRANCE, Bonnard, 1881, p.272). C'est maintenant surtout, bien plus qu'au printemps lorsque ma m√®re mourut, que je r√©alise ce que c'est que vivre √† Saint-L√©onard (Loiret) avec un vieil oncle sourd et stupide, quand on est fille, pauvre, orpheline sans fr√®re ni soeur, et qu'on va sur ses trente ans (MONTHERL., J. filles, 1936, p.921). De m√™me, l'accord sylleptique peut entra√ģner exceptionnellement le plur. pour l'attribut ou l'appos. se rapportant √† on. On √©tait une trentaine, et assez serr√©s, car on n'ouvrait pas le petit salon, qui servait de chambre √† ces demoiselles (ZOLA, Pot-Bouille, 1882, p.49). On √©tait d√©sempar√©s. On avait faim, on avait soif et dans ce malheureux cantonnement, rien! (BARBUSSE, Feu, 1916, p.206). 2. Substituts de on. a) On peut √™tre repris par se ou soi. Et, √† ce moment-l√†, S√©raphin s'√©tant tu √©galement, on avait senti grandir autour de soi une chose tout √† fait inhumaine et √† la longue insupportable: le silence (RAMUZ, Derborence, 1934, p.14). b) Par nous ou vous. Les livres, c'est comme les amis, on ne les choisit pas librement. Ils s'imposent √† vous (DANIEL-ROPS, Mort, 1934, p.386). 3. On peut renvoyer √† des choses ou √† des abstractions personnifi√©es; mais il ne peut pas d√©signer Dieu. Et puis les menteuses [les cloches], les effront√©es, celles qui sonnent pour le dehors, pour la rue, pour faire croire qu'on est une maison consid√©rable et qu'on occupe beaucoup de monde (A. DAUDET, Fromont jeune, 1874, p.81). 4. R√©p√©titions de on. On peut √™tre r√©p√©t√© ou omis devant un verbe coord., dans les m√™mes conditions que les autres pron. pers. 5. Oppos. on/l'on. a) La lang. ch√Ęti√©e use volontiers de la var. styl. l'on , surtout apr√®s et, o√Ļ et si, plus rarement apr√®s ou, qui, quoi, pourquoi. Et l'on dit qu'√† Londres il y a une foule d'hommes et de femmes fran√ßaises sans place qui r√©unissent les talents que je cherche (STA√čL, Lettres L. de Narbonne, 1792, p.87). Hector: Si l'on aime ce qui vous d√©livre de l'espoir, du bonheur, des √™tres les plus chers (GIRAUDOUX, Guerre Troie, 1935, I, 3, p.21). b) L'on est fr√©q. apr√®s que (surtout le que rel.), en partic. quand la syllabe initiale du mot suiv. est con- ou com-. Car on avait dans cette maison tellement peu de personnalit√© que l'on conservait en bonne place tous les objets qui vous avaient √©t√© offerts (MONTHERL., L√©preuses, 1939, p.1372). c) En t√™te de phrase, l'on √©vite peut-√™tre une attaque inhabituelle. Camille, ouvrez, ouvrez, c'est moi. L'on ne vient pas (CH√ČNIER, √Čl√©gies, 1794, p.72). 6. On employ√© subst. Debout, dans sa chaire, p√Ęle de rage, le pauvre On √©coutait toutes ces injures, d√©vorait toutes ces humiliations et se gardait bien de r√©pondre (A. DAUDET, Pt Chose, 1868, p.108). On me proposa un jour de me faire inviter aux soir√©es d'Augustine. ‚ÄĒQui, On? ‚ÄĒOn, parbleu! Vous le voyez d'ici: l'√©ternel on qui ressemble √† tout le monde, l'homme aimable, providentiel (A. DAUDET, Trente ans de Paris, 1888, p.47 ds SANDF. t.1, ¬ß219).
Prononc. et Orth.: []. Liaison de n devant voyelle et h non aspir√© (on a: na; on habite: nabit) d'o√Ļ difficult√© dans certains cas √† distinguer (lang. parl√©e) constr. positive et constr. n√©gative (si l'on ose/si l'on n'ose). Att. ds Ac. dep. 1694. √Čtymol. et Hist. Pron. de la pers. suj. ind√©termin√©e A. 1. Employ√© sans art. 842 (Serments de Strasbourg ds HENRY Chrestomathie, p.2, 5: Si salvarai eo cist meon fradre Karlo et in aiudha et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son fradra salvar dift; cf. E. KOSCHWITZ, Commentar zu den √§ltesten franz. Denkm√§lern, p.41; MOIGNET, Gramm. de l'a. fr., p.146 note ,,peut encore s'interpr√©ter comme un subst.``); ca 1050 (St Alexis, √©d. Chr. Storey, 235: Par nule guise ne l'em puet hom blasmer), [cf. 1647, VAUG., p.10: Si le verbe finit par une voyelle devant on, comme prie-on, alla-on, il faut prononcer et escrire un t entre deux: prie-t-on, alla-t-on pour oster la cacophonie]; ca 1100 (Roland, √©d. J. B√©dier, 2949: En un carner cumandez qu'hom les port); 2. employ√© avec l'art. d√©f. ca 1050 disjoint, pr√©c√®de le verbe dont il est le suj. (St Alexis, √©d. Chr. Storey, 566: Sainz Boneface, que l'um martir apelet); 1119 conjoint, suit le verbe (PHILIPPE DE THAUN, Comput, √©d. E. Mall, 2612: E s'ele la lune est en esclem, Saciez, dunc pruvet l'em Qu'en cele lunaisun Avrum bele saisun). Vestige de hom subst., cet emploi n'a plus cours que dans la langue litt√©r. pour des raisons euphoniques, cf. 1647, VAUG.: ,,on dit et l'on dit sont bons, mais on dit est meilleur au commencement de la p√©riode``, ainsi que la critique de cette remarque par A. GOOSSE ds Z. rom. Philol. t.75, 1959, pp.291-299. B. 1. On √©tymologiquement masc. est suivi d'un part. pass√© adj. masc. sing. ca 1179 (Renart, √©d. M. Roques, 1943: ...puis que hom est antrepris Et par force l√Įez et pris, Bien puet savoir a cel besoing Qui l'aime et qui de lui ait soing); cf. l'attribut accord√© en genre et en nombre avec la ou les personnes qu'il repr√©sente; 1643 on suivi d'un masc. plur. (CORNEILLE, Polyeucte, I, 3: On n'a tous deux qu'un coeur qui sent m√™mes traverses); 1659 on suivi d'un attribut f√©m. (MOLI√ąRE, Pr√©cieuses, 9: Quelque spirituelle qu'on puisse √™tre); 2. XVe s. [ms.] le verbe dont on est le suj. peut √™tre au plur. (Voyage d'Anglure, √©d. F. Bonnardot et A. Longnon, ¬ß 168, var. M¬†: ...aultre rue, par oult on vont... toute maniere de gent); 1426 (Ballade d'un p√©lerin au retour de Terre Sainte ds Voyage d'Anglure, p.112, 14: Quant on sont a tauble essis). C. On employ√© stylistiquement pour repr√©senter une ou plusieurs personnes d√©termin√©es 1. dans le discours direct, est substitu√© √† un pron. pers. de la 2e pers. pour exprimer la distance entre le locuteur et autrui 1198-1202 substitu√© √† tu (JEAN BODEL, St Nicolas, √©d. A. Henry, 256: Que vent on chaiens? [dit Auberon au tavernier]); 2. substitu√© √† un pron. pers. de la 3e pers. [emploi pr√©dicatif] 1253 (Recueil g√©n. des jeux-partis √©d. A. L√•ngfors, XCIII, Sire Audefroy √† J. Bretel, 1: J'aim par amours et on moi ensement [on: elle, ma dame]); 3. substitu√© √† un pron. de la 1re pers. a) ca 1340 repr√©sente je (Bastard de Bouillon, √©d. R. Fr. Cook, 4760: ,,Biaus ni√©s``, dist l'amulainne, ,,oies c'on vous dira``); b) repr√©sente nous; le verbe est au plur. ca 1445 Rouen (Farce joyeuse des galans et du monde ds Recueil g√©n. des sotties, √©d. E. Picot, II, 88: On ne debvons pas grand amende; v. ex. analogues XVIe s. Normandie au gloss., s.v. on; cf. HUG.). Du lat. homo, cas suj. du subst. signifiant ¬ęhomme¬Ľ, d√©velopp√© en position proclitique, et qui, √† basse √©poque, est relev√© dans qq. ex. comme suj. ind√©term., emploi aboutissant √† sa fonction de pron. ind√©f.: Peregr. Aether. 13, 1: ubi homo desiderium suum compleri videt; Diosc. 4, 76: unde si homo gustaverit, solutionem ventris panditur; Vitae patrum, 7, 26, I: Quomodo potest se homo mortificare; v. Lat. Gramm., 2e partie, Syntax und Stilistik, ¬ß107 f ), p.198; V√Ą√ĄN., ¬ß297; v. aussi TLL, s.v. 2882, 58. Fr√©q. abs. litt√©r.: 372142. Fr√©q. rel. litt√©r.: XIXe s.: a) 521010, b) 525720; XXe s.: a) 549941, b) 525669. Bbg. BENES (P.). Le Pron. on en fr. et ses √©quivalents en roum. √Čt. rom. Brno. 1965, n1, pp.171-188. ‚ÄĒBURR (I.). Das Lob des on. Rom. Forsch. 1979, t.91, pp.1-23. ‚ÄĒCRESSOT (M.). R√©p√©t. n√©cessaire du pron. on sujet et du pron. il sujet impers. Fr. mod. 1948, t.16, pp.249-251. ‚ÄĒGARDIN (B.). Discours patronal et discours syndical. Langages. 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on […ĒŐÉ] pron. pers. ind√©f.
√ČTYM. XIIe; om, 842; du nominal lat. homo dont l'accusatif hominem a donn√© homme.
‚ĚĖ
♦ Pronom personnel indéfini de la 3e personne, invariable, faisant toujours fonction de sujet.
‚ô¶ Le n de on se lie avec le verbe qui suit quand il commence par une voyelle ou un h muet¬†: on a […ĒŐÉna], on habite […ĒŐÉnabit], etc. Il en r√©sulte que, dans la langue parl√©e, il peut √™tre difficile de distinguer l'affirmation (si l'on ose [sil…ĒŐÉnoz]), de la n√©gation (si l'on n'ose [sil…ĒŐÉnoz]).
b (Forme).
‚ô¶ √Čtant √† l'origine un substantif (comme personne et rien), on pouvait s'employer avec l'article d√©fini¬†: l'on d√©signait primitivement ¬ę l'homme en g√©n√©ral, les hommes ¬Ľ. Cette forme fut courante jusque vers la fin du XVIIe si√®cle. Aujourd'hui, l'on s'emploie surtout dans la langue √©crite (surtout didactique ou litt√©raire), pour √©viter soit un hiatus (notamment apr√®s et, ou, o√Ļ, qui, quoi, si), soit une rencontre de consonnes (qu'on conduit, etc.). Ce que l'on con√ßoit (cit.¬†14) bien s'√©nonce clairement. C'est ce que l'on nomme libert√© (cit.¬†35). Et l'on n'y peut rien dire (‚Üí Forme, cit.¬†67). Certains auteurs contemporains semblent, sans raison apparente, pr√©f√©rer la forme l'on (cf. Le Bidois, D√©fense de la langue fran√ßaise, in le Monde, 26¬†f√©vr. 1958).
‚ô¶ ¬ę Si le verbe finit par une voyelle devant on, comme prie-on, alla-on, il faut prononcer et √©crire un t entre-deux, prie-t-on, alla-t-on, pour √īter la cacophonie‚Ķ ¬Ľ (Vaugelas, Remarques sur la langue fran√ß., √©d. Streicher, p.¬†10). Se mire-t-on pr√®s un rivage¬†? (‚Üí Image, cit.¬†1). O√Ļ va-t-on¬†?
‚ô¶ En phrases coordonn√©es ou juxtapos√©es, on se r√©p√®te normalement devant chaque verbe ou chaque auxiliaire. De tous c√īt√©s on se cogne, on frotte (cit.¬†28), on est empoign√©‚Ķ, on est arr√™t√©, coinc√©. On cherche, on fouille, l'on trifouille, l'on d√©terre‚Ķ (‚Üí Main, cit.¬†9).
1 On se nourrit des anciens et des habiles modernes, on les presse, on en tire le plus que l'on peut, on en renfle ses ouvrages; et quand enfin l'on est auteur, et que l'on croit marcher tout seul, on s'élève contre eux, on les maltraite (…)
La Bruyère, les Caractères, I, 15.
REM. Il faut éviter d'employer, dans une même phrase, deux ou plusieurs on qui ne représentent pas la même personne. Cette construction était fréquente chez les classiques (cf. Brunot, Hist. de la langue franç., t. IV, p. 896).
2 D'un pasquin qu'on a fait, au Louvre on vous soupçonne.
Boileau, √Čp√ģtres, VI.
‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ
I On, marquant l'indétermination.
1 Les hommes en g√©n√©ral, l'homme. || On ne saurait penser √† tout. || ¬ę L'on n'aime bien qu'une seule fois ¬Ľ (La Bruy√®re). || L'esprit (cit.¬†146) qu'on veut avoir g√Ęte celui qu'on a. ‚ÄĒ REM. On est fr√©quemment utilis√© en ce sens dans les r√©flexions, les maximes.
3 On garde sans remords ce qu'on acquiert sans crimes (…)
Corneille, Cinna, II, 1.
4 Il faut autant qu'on peut obliger tout le monde :
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
La Fontaine, Fables, II, 11.
5 Thérèse, on n'est jamais bon quand on aime.
France, le Lys rouge, XXIII.
2 Les gens, et, sp√©cialt, l'opinion. || On l'a beaucoup critiqu√©. || On ne me fera jamais croire cela. || On dit que‚Ķ¬†: les gens disent, le bruit court‚Ķ (‚Üí Dire, cit.¬†67). ‚ÄĒ N.¬†m. || Un on-dit. ‚áí On-dit. || Le qu'en-dira-t-on. ‚áí Dire (infra cit.¬†52 et 69). ‚ÄĒ On dirait, on dirait que‚Ķ; on dirait d'un fou (‚Üí Dire, cit.¬†58, 59 et 60). ‚ÄĒ Comme on dit¬†: suivant l'expression consacr√©e (‚Üí Comme dit l'autre).
6 Il √©tait tr√®s vif et tr√®s gai. On ne l'e√Ľt pas cru √† le voir plus tard fatigu√© par le travail, affaibli par la maladie.
France, le Lys rouge, VII.
7 Ah, on voyait bien qu'il se préparait à être avocat, celui-là, il en avait une bavette !
Aragon, la Semaine sainte, XV, p. 544.
7.1 Mais la f√©minit√© se d√©finit-elle¬†? (‚Ķ) Nous a-t-on donn√© assez de place pour exprimer notre originalit√© ou ne sommes-nous que la nymphe √Čcho de l'homme Narcisse amoureux de lui-m√™me¬†? Reflet, r√™ve de l'homme, source, muse, √©g√©rie, m√®re, putain, sorci√®re, quel on nous a d√©termin√©es¬†? De quel on faut-il se prot√©ger, se d√©marquer¬†? S'appelle-t-il esp√®ce¬†? Soci√©t√©¬†? Id√©e de Dieu¬†?
Michèle Perrein, Entre chienne et louve, p. 16.
3 Un plus ou moins grand nombre de personnes. || On était fatigué de la guerre. || C'est vrai qu'on monte (cit. 10) demain en première ligne. || Il se leva en déclarant qu'on ne boirait pas davantage.
8 Hier, j'étais chez des gens de vertu singulière,
O√Ļ sur vous du discours on tourna la mati√®re¬†(‚Ķ)
Molière, le Misanthrope, III, 4.
9 Jusqu'au soir, on mangea. Quand on était trop fatigué d'être assis, on allait se promener dans les cours (…) puis on revenait à table (…) au café, tout se ranima; alors on entama des chansons, on fit des tours de force, on portait des poids (…) on disait des gaudrioles, on embrassait les dames.
Flaubert, Mme Bovary, I, IV.
10 Ici, on est tr√®s radical et libre penseur (‚Ķ) Quand je dis ¬ę on est ¬Ľ, j'entends parler de cinq ou six petits bourgeois qui viennent au caf√©.
Flaubert, Correspondance, 1559, 21 oct. 1875.
11 Maintenant, on fait un devoir à un pauvre paysan d'être soldat. On l'exile de la maison (…); on lui enseigne, dans la cour d'une vilaine caserne, à tuer régulièrement des hommes (…)
France, le Lys rouge, VII.
12 (…) le cabaret (…) se trouvait plein de gardes et de mousquetaires quand Mgr le Duc de Berry y pénétra avec ses deux compagnons. On l'avait reconnu et on s'écartait devant lui respectueusement, pour leur faire place.
Aragon, la Semaine sainte, XV, p. 505.
4 Une personne quelconque (inconnue ou ind√©termin√©e). ‚áí Quelqu'un. || On me l'a dit (cit.¬†68)¬†: il faut que je me venge. || On me l'avait pr√©dit‚Ķ || Je m'y attendais (cit.¬†98). || ¬ę ‚Ķ¬†On m'a coup√© la gorge, on m'a d√©rob√© (cit.¬†2) mon argent ¬Ľ (Moli√®re). || Quand on est roi, que peut-il manquer¬†? (cit.¬†15).
13 On d√©pr√©ciera ces immeubles, on en pr√©cipitera la vente, on √©cartera les acqu√©reurs (‚Ķ) on √©touffera les ench√®res (‚Ķ) ‚ÄĒ Pr√©cisez, monsieur, j'exige que vous pr√©cisiez. Vous dites¬†: on fera telle, telle et telle chose. Qui donc les fera, s'il vous pla√ģt¬†?
Henry Becque, les Corbeaux, II, 9.
14 L'opinion (…) L'opinion de l'opinion ! Tiens, je commence à en avoir assez ! on a dit, on dit, on dira (…) Qui ça, On ? Ce n'est jamais tout le monde; c'est même rarement deux interlocuteurs : ils se contredisent. C'est à peine soi (…) quand on, monsieur On, est tout seul à raconter des histoires (…)
Paul Hervieu, Les paroles restent, III, 1.
REM. Avec un verbe transitif accompagn√© d'un compl√©ment d'objet direct, l'emploi de on permet d'√©viter le passif. Ainsi, au lieu de¬†: ¬ę Des c√ītelettes d'agneau‚Ķ furent apport√©es‚Ķ ¬Ľ, ¬ę On apporta des c√ītelettes d'agneau ¬Ľ (‚Üí Lit, cit.¬†28). Cette affreuse boisson‚Ķ qu'on vend pour du vin √† nos ouvriers (‚Üí Litharge, cit.¬†2).
‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ
II On, représentant une ou plusieurs personnes déterminées (Emplois stylistiques).
REM. Plus encore que les autres pronoms personnels (→ Il, nous, vous), on se prête à des substitutions de personnes et peut marquer des nuances de sentiments très variés : discrétion, prudence, modestie, orgueil, mépris, condescendance, etc. Ces emplois stylistiques (ou affectifs) se rencontrent aussi bien dans la langue littéraire que dans la langue parlée, dans les récits que dans les dialogues.
1 (3e personne). Il; elle. || On dit (cit. 15) qu'on est inconsolable; on le dit, mais il n'en est rien.
15 Quoi ? d'un juste courroux je suis ému contre elle,
C'est moi qui me viens plaindre, et c'est moi qu'on querelle !
Molière, le Misanthrope, IV, 3.
16 Nous sommes rest√©s bons amis; on me confie ses petites pens√©es, on suit quelquefois mes conseils; et faute de mieux, j'ai accept√© le r√īle de subalterne auquel tu m'as r√©duit.
Diderot, Jacques le fataliste, Pl., p. 704.
17 (‚Ķ) il fut frapp√© de la froideur glaciale de la main qu'il prenait; il la serrait avec une force convulsive; on fit un dernier effort pour la lui √īter, mais enfin cette main lui resta.
Stendhal, le Rouge et le Noir, I, IX.
18 Et puis tu me diras si l'on a eu du chagrin en apprenant mon d√©part (‚Ķ) si l'on a pleur√© (‚Ķ) ‚ÄĒ Qui √ßa, mon commandant¬†? (‚Ķ) ‚ÄĒ Eh parbleu, elle¬†! Anita¬†!
E. Labiche, le Voyage de M. Perrichon, I, 7.
19 J'ai un nom ridicule, c'est entendu. Mais qu'on ne passe pas les bornes (‚Ķ) Testevel n'osait pas heurter S√©nac de front. M√™me aux instants de r√©volte, il employait, vague et prudent, le pronom personnel ¬ę on ¬Ľ. Nous savions tr√®s bien, nous autres, que ce ¬ę on ¬Ľ ne voulait et ne pouvait d√©signer que S√©nac.
G. Duhamel, Chronique des Pasquier, V, XIII.
19.1 On apporte des nouilles. On, c'est la femme. Il n'y a pas de viande ce soir. Puis, sans ménagement, elle lui apprend qu'un voisin a tué le chat. Qui, on ne sait pas.
R. Queneau, le Chiendent, p. 20.
2 (2e personne). Tu, toi, vous. (On emploie parfois on pour ne pas s'adresser directement √† qqn, pour √©viter le vous et le tu et les nuances qu'ils impliquent). || Je constate qu'on n'est gu√®re joyeux de mon retour. Fam. || Eh bien¬†! on ne s'en fait pas¬†! || Alors, on se prom√®ne¬†? || On ne dit plus bonjour¬†? || Eh bien¬†! qu'est-ce qu'on dit¬†? ‚ÄĒ Merci madame¬†! Allez, qu'on me d√©barrasse le plancher¬†!
20 Je vois que votre cŇďur m'applaudit en secret;
Je vois que l'on m'écoute avec moins de regret (…)
Racine, Bérénice, I, 4.
21 (‚Ķ) il ach√®ve de l'apaiser avec des compliments. ‚ÄĒ Est-elle gentille aujourd'hui¬†! On fait donc des visites, tant√īt¬†? (‚Ķ) Pour √©viter la difficult√© du tutoiement, il se sert d'un mode vague et impersonnel.
Alphonse Daudet, Fromont jeune et Risler a√ģn√©, II,¬†I.
22 Eh bien¬†! petite, est-on toujours f√Ęch√©e¬†?
Maupassant, Notre cŇďur, III,¬†I.
23 ‚ÄĒ¬†Alors¬†? dit-il sans assurance. On s'en va comme √ßa¬†? On ne dit m√™me pas merci¬†? ‚ÄĒ Merci, dit Sarah tr√®s vite, merci.
Sartre, la Mort dans l'√Ęme, p.¬†19.
♦ (Avec un pron. pers. pour régime). || On… vous… (votre, vos)… || Le pied vous manquait (cit. 28), on se retenait avec effroi. || On ne sait jamais ce qui peut vous arriver.
24 (‚Ķ) le ma√ģtre d'h√ītel (‚Ķ) faisait d'un coup de sa cuiller sauter pour vous le morceau qu'on choisissait.
Flaubert, Mme Bovary, I, VIII.
25 Et quand on venait la voir, elle ne manquait pas de vous apprendre qu'elle avait abandonné la musique (…) Alors on la plaignait.
Flaubert, Mme Bovary, III, IV.
26 Ce qu'il y a de singulier, par exemple, c'est ce bruit d'eau qu'on entend de partout, qui vous entoure, vous enveloppe, comme si on était dans une chambre de bateau.
Alphonse Daudet, Contes du lundi, ¬ę Un teneur de livres ¬Ľ.
3 (1re personne). Je, moi ou nous. || Allons, tu sais bien qu'on t'aime toujours, que je t'aime toujours. || Il y a longtemps qu'on ne vous a vu. || Oui, oui ! on y va !
REM. ¬ę Dans les pr√©faces‚Ķ, on est modeste et permet d'√©viter le je un peu encombrant et le nous un peu pr√©tentieux ¬Ľ (Brunot et Bruneau, Pr√©cis de grammaire historique, 3e¬†√©d., p. 274).
27 On de modestie. ‚ÄĒ Le moi est ha√Įssable. Pour √©viter de se mettre en avant, au nominal personnel les raffin√©s substituaient fort souvent l'ind√©termin√© on, qui, √©tant plus vague, ne choque pas. On est faite d'un air, je pense, √† pouvoir dire Qu'on n'a pas pour un cŇďur soumis √† son empire; Et Dorante, Damis, Cl√©onte et Lycidas, Peuvent bien faire voir qu'on a quelques appas. (Moli√®re, les Femmes savantes, 375).
F. Brunot, la Pensée et la Langue, p. 276.
28 Allez, vous êtes fou, dans vos transports jaloux,
Et ne méritez pas l'amour qu'on a pour vous.
Molière, le Misanthrope, IV, 3.
29 Ah ! que la Vie est quotidienne (…)
Et, du plus vrai qu'on se souvienne,
Comme on fut piètre et sans génie.
Jules Laforgue, Complainte sur certains ennuis.
30 (Madame Verdurin) lui reprocha seulement une fois d'√©crire si souvent ¬ę je ¬Ľ (‚Ķ) √Ä partir de ce moment Brichot rempla√ßa je par on, mais on n'emp√™chait pas le lecteur de voir que l'auteur parlait de lui et permit √† l'auteur de ne plus cesser de parler de lui, de commenter la moindre de ses phrases, de faire un article sur une seule n√©gation, toujours √† l'abri de on‚Ķ ¬ę On ne camoufle pas ici la v√©rit√©. On a dit que‚Ķ On n'a pas dit que‚Ķ On ne dira pas non plus que¬†(‚Ķ) ¬Ľ
Proust, À la recherche du temps perdu, t. XIV, p. 118.
4 Fam. Nous. || Alors, on y va¬†? || Quand est-ce qu'on se voit¬†? || On ira tous les deux au cin√©ma. || ¬ę On n'est pas des bŇďufs ¬Ľ, Ňďuvre d'Alphonse Allais. ‚ÄĒ REM. Dans la plupart des cas, ¬ę le remplacement de nous par on correspond √† un d√©p√©rissement graduel de la forme verbale de la 1re¬†personne du pluriel ¬Ľ (Nyrop) et au besoin d'uniformiser les terminaisons.
31 Sais-tu qu'on serait
Bien sous le secret
De ces arbres-ci ?
Verlaine, Romances sans paroles, ¬ę Bruxelles ¬Ľ, I.
32 On part¬†! il faut √™tre pr√™t dans un quart d'heure. ‚ÄĒ O√Ļ qu'on va¬†? demande Moreau. ‚ÄĒ On y va, cette fois, √ßa y est. Num√©rotez vos abatis.
René Benjamin, Gaspard, II.
33 Avez-vous jamais tir√© sur des hommes¬†? ‚ÄĒ Jamais, dit Mathieu (‚Ķ) ‚ÄĒ On fera de son mieux, dit Pinette d'une voix √©trangl√©e.
Sartre, la Mort dans l'√Ęme, p.¬†167.
‚ô¶ Fam. (On reprenant et repr√©sentant un nous √©nonc√© dans la m√™me phrase). || Chez nous, vous savez, on ne fait pas de c√©r√©monies. || ¬ę Nous autres artistes‚Ķ on ne fait pas toujours ce qu'on veut ¬Ľ (Colette). || Nous, on va souvent au cin√©ma.
34 On est quelque chose comme orphelins, nous, pas¬†? ‚ÄĒ Oui, on est orphelins¬†! On est si gentils¬†! Elle se colla contre lui¬†(‚Ķ)
Colette, Chéri, p. 93.
35 Alors, nous, on risque de servir d'otages (…) Regardez le chemin de fer de Bagdad. Qui ça embête-t-il ? Les Anglais. Nous, on s'en fout.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. IX, XXXII, p. 280 (paroles prêtées à A. Briand).
36 Il faut prendre des mesures imm√©diates (‚Ķ) ‚ÄĒ Nous, on veut bien, mais lesquelles¬†?
Sartre, la Mort dans l'√Ęme, p.¬†255.
♦ (Avec un pron. pers. ou un nom accompagné d'un possessif pour régime). || On… nous… (notre, nos). || Rentrons, on sera mieux chez nous.
37 Qu'on hait un ennemi quand il est près de nous !
Racine, la Th√©ba√Įde, IV,¬†2.
38 Quand on nous arrache tout ce que nous aimons, on ressent tous les jours que cette violence excite nos désirs.
Bossuet, cité par Nyrop, V, p. 371.
39 (‚Ķ) elle (‚Ķ) lui gardait au fond de son cŇďur cette place chaude, abrit√©e, o√Ļ l'on revient comme au refuge quand la vie nous a bless√©.
Alphonse Daudet, Fromont jeune et Risler a√ģn√©, III,¬†I.
‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ
III (Emplois particuliers de on).
1 On (au sens I ou II) ayant pour régime un pronom personnel ou un nom accompagné d'un possessif (→ II., 2. : on… vous : et II., 4. : on… nous).
♦ On… soi, soi-même (emploi réfléchi). || On ne doit pas toujours parler de soi (Académie). || On est quelquefois aussi différent (cit. 1) de soi que des autres. || On a souvent besoin (cit. 35) d'un plus petit que soi. || On n'est jamais si bien servi que par soi-même.
40 À raconter ses maux souvent on les soulage.
Corneille, Polyeucte, I, 3.
41 C'est insupportable, quand on parle de soi, on n'a jamais fini.
G. Duhamel, Salavin, I, II.
42 On ne tremble jamais que pour soi, que pour ceux qu'on aime.
Proust, À la recherche du temps perdu, t. II, p. 138.
43 On ne peut tout seul garder la foi en soi-même.
F.¬†Mauriac, le NŇďud de vip√®res, VI.
2 On, suivi d'un participe pass√© ou d'un attribut. (Au masc. sing.). || On n'est jamais si heureux (cit.¬†27) ni si malheureux qu'on croit. || On ne peut √™tre juste si l'on n'est pas humain. ‚ÄĒ (Avec accord; emploi stylistique).
a Suivi d'un f√©minin. || ¬ę On n'est pas toujours jeune et belle ¬Ľ (Acad√©mie).
44 On est gaie, gaillarde, on croit avoir entretenu tous nos bons amis (…)
Mme de Sévigné, 453, 6 oct. 1675.
45 (…) on est si touchée de la mort de son mari, qu'on n'en oublie pas la moindre circonstance.
La Bruyère, les Caractères, III, 79.
46 Il faut convenir, se disait-il, qu'elle a une bont√© d'√Ęme ang√©lique, et l'on n'est pas plus jolie.
Stendhal, le Rouge et le Noir, I, XVI.
47 On est vieille, on est prude, on est dévote, on est la tante (…)
Hugo, les Misérables, III, III, VII.
48 L'exemple le plus remarquable d'accord avec le sens est celui des phrases qui ont pour sujet le nominal on. Avec le sens g√©n√©ral qu'il a pris, on s'applique √† des √™tres f√©minins, de sorte qu'on dira¬†: quelque spirituelle qu'on puisse √™tre (Moli√®re, Pr√©c.,¬†9). Les exemples pullulent en langue classique¬†: Je croyais qu'on n'√©tait coquette qu'au village (Montfl., Crisp. gent., III, 12); ‚ÄĒ car apparemment on ne se serait pas port√©e √† un homicide, si l'on e√Ľt √©t√© autrefois trait√©e de la sorte (Bayle, Dict., art. Touchet, n.¬†c.). Nous disons de m√™me¬†: On n'est pas m√©chante comme vous¬†! Si on remplace nous, il peut, qu'il soit accompagn√© ou non d'un mot tel que tous, entra√ģner le pluriel¬†: on est tous contents.
F. Brunot, la Pensée et la Langue, p. 623.
b (Suivi d'un pluriel). || On est tous √©gaux devant la mort. || L'embarras o√Ļ l'on est de se trouver seuls (‚Üí D√©clin, cit.¬†3).
49 Hier on alla ensemble à Versailles, accompagnés de quelques dames (…)
Mme de Sévigné, 657, 10 juil. 1676.
50 On était simples comme des enfants, presque graves comme des hommes (…)
J. Vallès, le Bachelier, p. 45.
51 (‚Ķ) la promiscuit√© des caravans√©rails o√Ļ l'on dort entass√©s dans une niche de terre battue¬†(‚Ķ)
Loti, Vers Ispahan, p. 3.
52 Grouille, je te dis, quand tu es de corvée, on est toujours servis les derniers.
Sartre, la Mort dans l'√Ęme, p.¬†256.
53 Aux tables du Café des Arts, sur la place, on buvait, attablés tous ensemble, avec les deux serveuses débordées qui couraient, de la bière et de la limonade plein les bras.
Aragon, les Beaux Quartiers, I, XXVII.
3 ‚ėĎ Loc. Avec pouvoir et savoir, marquant soit un tr√®s haut degr√© (on ne peut plus, on ne peut mieux, etc.), soit l'ind√©termination (on ne sait qui, on ne sait quoi, on ne sait o√Ļ, on ne sait comment, etc.). || J'ai tout √ßa on ne peut mieux (cit.¬†11) pr√©sent √† l'esprit (‚Üí Mieux, cit.¬†10, et supra).
54 La chose fut on ne peut plus pathétique et pitoyable.
Hugo, le Dernier Jour d'un condamné, Préface.
55 (Ruth) S'était couchée aux pieds de Booz, le sein nu,
Espérant on ne sait quel rayon inconnu,
Hugo, la L√©gende des si√®cles, II, ¬ę Booz endormi ¬Ľ.
56 (…) ce soir-là (…) sa démarche avait on ne sait quoi d'allégé, de plus libre, pour courir à la séance.
Alphonse Daudet, Tartarin sur les Alpes, VII.
57 (…) je suis on ne peut plus heureux de vous rencontrer dans les circonstances présentes (…)
Dumas fils, le Fils naturel, III, 10.
58 (…) comme un nuage dont la foudre va tomber on ne sait quand ni sur qui (…)
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. IV, X, p. 103.
‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ
IV N. m. Le mot on. || Remplacer je par on. || Monsieur On (→ ci-dessus, cit. 14).
59 Le mot¬†: On, que j'ai d√Ľ employer tient lieu d'un sujet indistinct, √† la fois spectateur, auteur, auditeur, acteur, en qui le voir et le √™tre vu, l'agir et le subir, sont r√©unis et m√™me curieusement compos√©s.
Valéry, Autres rhumbs, p. 28.
‚ĚĖ
HOM. Ont (ils).
COMP. On-dit, qu'en-dira-t-on.

Encyclopédie Universelle. 2012.


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